[En construction]


Les actus du Labo de la Mission Société Numérique

En 2018, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé à un programme de sciences participatives en France.

Parmi elles, 89 275 ont pris part a des opérations de sciences participatives liées à la biodiversité, soit une progression de 16 % par rapport à 2018 et de 342 % depuis 2011.

L’estimation du nombre de personnes impliquées dans une programme de sciences participatives lié a la biodiversité repose sur une enquête annuelle réalisée par l’Observatoire national de la biodiversité (ONB), copiloté par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) et l’Union Nationale des Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement (UNCPIE).

L’indicateur relatif aux « Sciences participatives » recense le nombre de participants actifs à des programmes de sciences participatives. Cet indicateur répond à l’un des objectifs fixés par la Stratégie Nationale pour la Biodiversité en 2011 à savoir celui d’impliquer les citoyens dans la conservation de la biodiversité.

« Grâce à cette communauté d’observateurs bénévoles, les milliers de données récoltées ont été postées sur des sites Internet dédiés, vérifiées et analysées par des scientifiques ou des experts du Museum d’Histoire Naturelles, du CNRS, de l’Office pour les Insectes et leur environnement, de Tela Botanica… Ces données nourrissent des études sur l’évolution de la biodiversité et permettent de produire des documents d’information et de sensibilisation ». 

L’article Près de 90 000 Français se sont impliqués en 2018 dans des opérations de sciences participatives liées à la biodiversité est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu

Dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences (PIC), une enveloppe de 100 millions d’euros  est consacrée au repérage des NEET (personnes « ni en emploi, ni en études, ni en formation »)

Le repérage des publics dits « invisibles » est un enjeu décisif de ce Plan qui vise à former et accompagner vers l’emploi un million de jeunes et un million de demandeurs d’emploi peu qualifiés.

Il s’agit de repérer et remobiliser les personnes parmi les plus vulnérables, parfois sans contact avec les institutions sociales ou le service public de l’emploi.

Dans le cadre du Plan Investissement Compétences (PIC), le Haut-commissariat aux compétences et à l’inclusion par l’emploi souhaite renforcer le repérage des publics et confie aux Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) le lancement, dans chaque région, d’un appel à projets dédié au repérage et à la mobilisation des publics invisibles.

Ces appel à projets s’adressent à l’ensemble des acteurs de l’insertion professionnelle, de l’accueil ou de l’accompagnement et de la formation des personnes en difficulté.

Ils visent  prioritairement   les jeunes ayant entre 16 et 29 ans révolus, ni étudiants, ni employés, ni stagiaires, habitant les quartiers de la politique de la ville et les territoires ruraux les plus en difficulté, et ceux qui sont en situation de handicap.

L’article Des appels à projets régionaux pour « repérer et mobiliser les publics invisibles » est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu

Premier territoire labellisé Territoire d’Actions pour un Numérique Inclusif  (octobre 2018), le département des Pyrénées Atlantiques contribue aux travaux et expérimentations mis en œuvre par la Mission Société Numérique autour des projets Aidants Connect et autour de l’utilisation de PIX dans un contexte de médiation numérique.

Le département tirait en mai dernier un premier bilan de sa stratégie d’Inclusion numérique.

Des expérimentations permettant d’agir aux différentes étapes d’un parcours d’inclusion numérique : accueil/sensibilisation, détection des besoins, orientation et accompagnement

  • mise en place d’un wifi public
  • recrutement d’ambassadeurs numériques en service civique dans les sdsei,
  • formation des aidants,
  • mise en place de dispositifs certifiants de formation aux compétences numériques de base en partenariat avec la région nouvelle-aquitaine, le GRETA Sud-Aquitaine et la start-up d’état Pix

La phase d’expérimentation (engagée en octobre 2018) se poursuivra en 2019 avec pour objectif un déploiement, après évaluation, des actions menées sur les sites pilotes à l’ensemble du territoire départemental.

Deux premiers réseaux locaux sur les territoires pilotes : Adour Côte Basque et Pays Basque Intérieur

Les deux réseaux locaux d’inclusion numérique (RLIN) sont des espaces de ressources et d’échanges entre acteurs agissant pour l’inclusion numérique des publics.

Animés par les directeurs des SDSeI (Services Départementaux des Solidarités et de l’Insertion) des territoires pilotes (Adour Côte Basque et Pays Basque Intérieur), ces réseaux réunissent 34 acteurs différents : Associations (Mission Locale, Secours Catholique, Croix Rouge, Agirabcd), les collectivités (Espaces Publics Numériques, MSAP, CCAS, Médiathèques), des opérateurs de services publics (CAF, CARSAT, MSA, CPAM, Pôle Emploi, La Poste), un médiateur numérique indépendant (Mon Assistant Numérique) et des organismes de formation (GRETA Sud-Aquitaine, Afpa, Alb Formation).

Leur mise en place fait suite au diagnostic réalisé fin 2017 qui indiquait que 79% des structures souhaitaient faire partie d’un réseau.

Un accès aux droits favorisé grâce à l’équipement des travailleurs sociaux en mobilité

La plupart des professionnels de l’action sociale départementale travaillant en mobilité ont été équipés de PC portable et smartphone (pour certains des mini-scanners également). Cet équipement adapté à la mobilité apporte également des gains aux professionnels en visite  domicile puisqu’il leur évite des retours au bureau pour effectuer à nouveau la saisie des données recueillies au domicile. Cela permet également d’éviter aux personnes d’avoir à se déplacer à nouveau pour effectuer leurs démarches administratives.

Une cartographie des acteurs et services d’accompagnement numérique

Basée sur OpenStreetMap, cette première version de la cartographie des acteurs agissant pour l’inclusion numérique permet d’orienter les usagers vers les structures adaptées en fonction de leurs besoins et de leur niveau d’autonomie numérique.

Un dispositif expérimental  de formation aux compétences numériques de base pour tous

Pour compléter et enrichir les actions d’inclusion numérique disponibles, des formations certifiantes pour adultes ouvertes à tous et se déroulant au sein des collèges ont été mises en place à titre expérimental en partenariat avec le GRETA Sud-Aquitaine, la Région Nouvelle-Aquitaine et PIX (service public en ligne d’évaluation, de développement et de certification des compétences numériques).

Ces dispositifs certifiants sont composés de différents modules permettant à tous les publics de se former à mieux utiliser le numérique au quotidien. Ouverts à tous, ils sont expérimentés dans un premier temps dans trois collèges.

Un essaimage progressif dans les Pyrénées-Atlantiques confié au syndicat mixte la fibre64

Le Département a confié la généralisation de la démarche au Syndicat mixte La Fibre64.

La Fibre64 va proposer à l’ensemble de ses membres (Communautés d’agglomération, Communautés de communes et Département) une offre de service « inclusion numérique » privilégiant de l’expertise pour l’ingénierie et l’animation des réseaux locaux pour chaque territoire, de la médiation numérique auprès des publics, de la formation pour les aidants et des financements.

Et des Pass numériques pour permettre à tous de se former au numérique

Le syndicat Mixte  Fibre64 figure parmi les 48 lauréats de l’Appel à Projets « Pass Numériques » pour acheter et déployer des pass numériques sur le territoire  pour un montant total de 152 200 € (dont 54% pris en charge par l’Etat).

Photo : Quartier de Pau (WikiCommons)

L’article Premier bilan pour la stratégie d’Inclusion numérique des Pyrénées-Atlantiques est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu

Wikipédia lance un concours de photos pour valoriser le patrimoine

Depuis début septembre et jusqu’à la fin du mois a lieu la 9e édition française du concours photographique Wiki Loves Monuments, organisé par l’encyclopédie en ligne Wikipédia.

Un grand nombre de pages de Wikipédia ne proposent pas de photographie ou des illustrations  souvent médiocres. Afin de mettre en valeur le patrimoine, la fondation Wikimédia invite le public  à proposer des clichés de bâtiments qui ne sont pas encore illustrés dans les pages de l’encyclopédie Wikipédia.

Le programme Wiki Loves Monuments résulte  d’une initiative née en 2010 aux Pays-Bas. L’édition 2019 de Wiki Loves Monuments  se déroule du 1er au 30 septembre dans plus de 35 pays.

Ce concours photo, ouvert à tout le monde, vise plusieurs objectifs :  illustrer les articles qui ne contiennent que du texte, fournir des clichés dignes de ce nom pour les sujets qui ont des photos de faible qualité, constituer un stock varié (sous différents angles et éclairages par exemple) et récent des monuments historiques.

Wikimédia France participe à l’organisation de ce concours mondial depuis 2011, afin d’encourager la valorisation des monuments historiques.

Pendant l’édition 2019, une page dédiée est disponible pour la partie française de l’évènement. Les photos alimenteront Wikimédia Commons, la plateforme qui joue le rôle de médiathèque pour l’encyclopédie.

En 2018, le concours avait drainé plus de 14 000 participants qui avaient partagé plus de 258 000 photos :  55 000 d’entre elles avaient  été reprises sur Wikipédia.

POP, la plateforme ouverte du patrimoine

Le ministère de la Culture a mis en ligne, le 9 juillet, la version beta de la plateforme POP, acronyme de « Plateforme ouverte du patrimoine ».

Réalisée avec le concours de beta.gouv.fr, le réseau des incubateurs de startups d’État, POP se fixe pour ambition « de rendre accessibles au plus grand nombre les données du patrimoine culturel français ».

En moins de 12 mois la startup d’état POP a bâti la nouvelle plateforme de consultation des données patrimoniales du Ministère de la Culture, recensant plus de 3,2 millions d’oeuvres. A juin 2019, plus de 180 agents du Ministère, des collectivités territoriales ou encore des musées de France alimentent couramment la Plateforme Ouverte du Patrimoine pour servir les 25 000 usagers mensuels du grand public et de la communauté professionnelle et scientifique.

Cette plateforme renouvelle complètement le dispositif des bases de données du ministère de la Culture, qui remontait aux années 1970 et n’était guère attractif au-delà du cercle des spécialistes.

Conçue comme « un nouvel outil de partage et d’échange », POP  regroupe déjà plusieurs bases historiques du ministère de la Culture : bases Palissy et Mérimée (patrimoine mobilier ou monumental protégé au titre des Monuments historiques ou étudié par les services régionaux de l’inventaire), base Joconde (collections des Musées de France), base MNR-Rose Valland (catalogue des œuvres spoliées) et base Mémoire (images photographiques). Il est prévu que d’autres bases de données rejoignent POP dans les prochains mois.

La plateforme, encore en version beta mais déjà très largement fonctionnelle, offre à l’internaute plusieurs types de recherches : recherche libre (en entrant un mot ou une phrase), accès thématique, par localisation, par période, par technique.

(Source de l’image d’en-tête:François Bernardin )

L’article « Wiki Loves Monuments » et la nouvelle plateforme ouverte « POP » : deux initiatives pour valoriser le patrimoine est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu

72 % 15-24 ans avaient fréquenté en 2016 une bibliothèque au cours des douze derniers mois, soit 1,6 fois plus que les personnes de 25-69 ans.

Si ce sont les jeunes qui fréquentent le plus les bibliothèques, qu’en est-il des adolescents ?

Une enquête menée par l’INJEP auprès d’adolescents comme de professionnels dans des bibliothèques de différentes tailles a entrepris de cerner les pratiques et les attentes des jeunes vis-à-vis des bibliothèques, de repérer et d’analyser les nouvelles approches en direction des adolescents, d’identifier et de qualifier les pratiques professionnelles, les changements des cultures professionnelles et organisationnelles, les pratiques de médiation numérique à l’œuvre dans les bibliothèques.

Selon les auteurs de l’enquête, « l’entrée des pratiques numériques dans les bibliothèques a provoqué ou accompagné un changement de celles-ci, non seulement en ce qui concerne l’offre destinée aux adolescents mais aussi dans la réflexion autour des espaces mis à leur disposition. Les pratiques des adolescents sont ainsi davantage prises en compte ».

L’enquête, après un passage en revue des cultures et des pratiques numériques des jeunes, et leurs limites mais aussi s’attache a comprendre comment ces pratiques numériques des adolescents ont influencé l’offre des bibliothèques et comment celles-ci se sont organisées face à ce public.

Des usages variés de la bibliothèque

  • Les jeunes viennent en bibliothèque pour des raisons très diverses. « Pour beaucoup il s’agit moins d’accéder à des collections que de bénéficier d’un espace, d’«avoir un coin à soi tout en se sentant appartenir à un espace »
  • Les adolescents se déplacent, parfois loin, pour aller dans une bibliothèque où ils pourront se concentrer, se sentir au milieu d’autres jeunes animés par les mêmes motivations.
  • Dans certains quartiers, la bibliothèque a en outre la fonction d’offrir un lieu plus sûr.
  • L’enquête distingue deux périodes (avant 15 ans et après) dans la relation des jeunes aux bibliothèques. «Les 1315 ans et les 1517 ans nont pas les mêmes besoins. Les 1315 ans viennent pour retrouver leurs amis, samuser, passer du temps, les 1517 ans viennent plus pour réviser/travailler, même sils retrouvent aussi leurs amis. »

L’enquête met ainsi en relief une ambivalence chez les adolescents entre le désir et le besoin de « calme » ( «de petits coins pour ne rien faire ») et celui de retrouver leurs amis et d’échanger.

  • Les adolescents vivent majoritairement les bibliothèques comme un espace scolair Certaines bibliothèques tentent ainsi de modifier cette représentation « en s’adaptant au fait que l’adolescence est l’âge du bruit, de la musique, du groupe et en leur proposant des lieux dans lesquels ils peuvent rester en groupe et s’exprimer, dans lesquels ils peuvent adopter des positions détendues et lire ce qui n’est pas prescrit à l’école, par exemple les BD et mangas, mais aussi jouer aux jeux vidéo et organiser des compétitions avec d’autres bibliothèques ».

La difficile recherche d’une offre numérique adaptée aux adolescents

 La question de l’organisation de la présence des adolescents dans la bibliothèque ne va pas de soi. « Tout d’abord parce que les adolescents ont souvent un comportement contradictoire. Ils sont là et ailleurs en même temps, ou comme dit une bibliothécaire : « Ils sont là où on les attend le moins. ». Ils font du travail scolaire dans des espaces non prévus pour cela, envahissent les espaces au moment des examens, ce qui n’est pas toujours bien accepté ».

L’enquête souligne ainsi l’ambivalence des adolescents face à l’offre numérique des bibliothèques.

  • Nombre d’adolescents rencontrés ont une utilisation simultanée de l’équipement numérique de la bibliothèque et de leur propre équipement.
  • les jeunes ne viennent pas en bibliothèque principalement pour trouver du numérique, sauf s’ils n’y ont pas accès chez eux
  • «les jeunes ne sont pas demandeurs de ressources numériques mais qu’ils apprécient les offres en rapport avec leurs pratiques quotidiennes : accès au wifi, possibilité de pratiquer les jeux vidéo…. »(une directrice de bibliothèque)
  • « S’il est difficile d’imaginer ce qui est « obligatoirement » attractif pour les adolescents dans les bibliothèques » constatent les auteurs de l’étude, « on peut facilement énumérer ce qui les fait fuir : inscription obligatoire, groupes limités, horaires stricts, conditions à l’accès, etc ».

Les adolescents dans les bibliothèques plus actifs qu’on ne le pense

Beaucoup d’entre eux, rappellent les auteurs de l’étude, « pratiquent plusieurs activités culturelles numériques simultanément (musique, jeux, information, films…) … Ils mélangent les activités de consommation, de communication, de partage et de création. Pour eux, le numérique ne représente pas une série d’outils mais un continuum et un environnement dans lequel ils agissent ».

Quand les conditions sont réunies, les adolescents peuvent même devenir des éléments moteurs. « Ils peuvent proposer des ateliers, de nouveaux jeux vidéo, des créations, des animations dont les bibliothécaires s’inspirent pour leurs offres. Certains, même très jeunes, apprécient d’être mis en position d’animateur d’ateliers ou d’activités autour du numérique ».

Une offre numérique n’est pertinente, selon Anne Cordier, auteure de « Grandir connectés ») que si elle est proposée dans le cadre d’une médiation : « L’offre ludo-éducative ne fonctionne pas à l’adolescence. L’offre fonctionne quand il y a une médiation. L’offre en catalogue ne suffit pas, ce qui fonctionne mieux c’est quand il y a un atelier qui suppose que la bibliothèque s’ouvre sur la ville. Il faut qu’il y ait de la communication et un lien avec les autres structures ».

La place des adolescents en bibliothèque, concluent les auteurs « demanderait à être pensée dans tous ses aspects, prenant en compte à la fois leur présence dans et autour des lieux, leurs pratiques numériques, leurs motivations d’emprunt et leurs interactions avec les bibliothécaires en ligne et hors ligne. Cela implique une complémentarité renforcée avec les autres professionnels du territoire qui sont concernés par l’éducation, la jeunesse, la culture et la cohésion sociale, mettant en musique toutes les spécialités sans les diluer, afin que l’ensemble fasse sens pour chaque adolescent».

Les adolescents, un public longtemps considéré comme difficile par les bibliothécaires

Les adolescents sont souvent le public introuvable des institutions culturelles. En effet, les particularités de cet âge, qui est un entre-deux entre l’enfance et l’âge adulte, les font se tenir à distance de tout ce qui est de l’ordre de l’institution, de la règle, de l’obligation.

En pleine recherche de leur identité, leur mode de vie est collectif (avec leurs pairs) et leur appartenance à un groupe se fait sur le mode à la fois de l’imitation et de la distinction.

De la même manière que les élèves disparaissent des conservatoires ou visitent les musées en « braconnant », la présence des adolescents en bibliothèque est assez ambiguë.

Ce public « remuant, bruyant, imprévisible » a longtemps été considéré comme difficile par les bibliothécaires avec le « cadrage » nécessaire de leur présence et le maintien du silence dans les lieux, qui poursuit d’une certaine manière l’univers scolaire et ses contraintes.

Selon une étude récente (Roselli, 2014), « la régulation par le silence et par des codes culturels distinctifs (savoir se tenir, savoir chercher, savoir choisir, savoir emprunter) joue contre la fréquentation des publics adolescents et, décourageant les profils éloignés des préoccupations culturelles et du livre, produit une attitude « abandonniste. »

Une des raisons de ces difficultés a aussi été une connaissance limitée des adolescents et de leurs pratiques. Les bibliothécaires peuvent se sentir souvent pris en défaut face à un public difficilement saisissable et qui remet en question leur vision de la bibliothèque comme essentiellement dédiée aux livres et « éducative ».

La même étude (Roselli, 2014) conclut : « Au-delà des facteurs liés à l’âge, la politique d’attractivité des bibliothèques constitue une autre explication de l’éloignement progressif des jeunes générations : plus les bibliothèques affichent des orientations du côté de la culture légitime et codée (littérature et genres élitaires), plus les nouvelles générations les assimilent au monde adulte et au monde scolaire. »

Les adolescents nourrissent en direction des bibliothèques des sentiments mitigés car ils mettent à distance l’institution en général et les pratiques formelles en particulier. La bibliothèque leur rappelle le contexte scolaire, alors que leurs pratiques de loisirs développent beaucoup (en groupes de pairs) la convivialité et les échanges.

Cécile Delesalle, Chantal Dahan, Gérard Marquié et Mirabelle Gallego: Jeunes, bibliothèques, numérique et territoire : vers de nouvelles interactions

L’article Le numérique, vecteur et catalyseur de nouvelles relations entre adolescents et bibliothèques est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu

L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) et l’Agence du service civique ont commandé une étude en vue de « saisir la manière dont les associations utilisent l’engagement de service civique et à mesurer les effets du service civique sur les structures associatives ».

Cette étude ne portait pas spécifiquement sur la dimension proprement numérique des missions confiées par les associations aux jeunes volontaires.

On sait, cependant, qu’un nombre croissant de jeunes volontaires se voient confier des missions en rapport avec le numérique : qu’il s’agisse d’accompagner ou de former des personnes éloignées du numérique ou encore de développer des projets numériques au sein des associations qui les emploient.

Début juillet, près de 6 % des 2 600 missions et des 90 000 postes proposés sur le site de l’Agence du service civique utilisaient le terme « numérique » (« Jeunes citoyens du numérique », « Ambassadeurs du numérique », « favoriser l’accès au numérique des publics seniors », « Favoriser l’expression d’une citoyenneté active par le numérique », « Favoriser un usage responsable du numérique » « Accompagner le public usager dans l’utilisation des nouveaux outils numériques », « faciliter l’inclusion numérique », « facilitateur numérique et lien social »). Ou de termes comme « internet », «cybercitoyenneté », « logiciel », « digital »  ou encore « informatique » .

Si la majorité de ces missions sont tournées vers le public, un certain nombre d’entre elles recouvrent des activités plus directement opérationnelles comme la création et le développement d’un site internet, la participation au déploiement d’un logiciel ou le soutien à l’animation de réseaux sociaux.

Si l’étude de l’INJEP ne portait pas spécifiquement sur la dimension proprement numérique des missions confiées par les associations aux jeunes volontaires, cette composante numérique des missions affleure toutefois de manière récurrente dans les propos tenus par les responsables associatifs et les jeunes volontaires, interrogés par les auteurs de l’étude. L’étude accorde, en effet, une large place aux « verbatims » des personnes rencontrées au cours de l’enquête.

Ces verbatims dressent, en creux, un tableau de la manière dont les jeunes volontaires contribuent au développement des activités et des projets numérique des associations.

La motivation mais aussi les compétences numériques comme critère de sélection des candidats

Source : Tableau de bord de la vie associative 2019

Le mode de sélection des volontaires s’inspire souvent de celui du monde du travail salarié, observent les auteurs de l’enquête, « prenant ses distances, sous certains aspects, avec les principes institutionnels régissant l’usage du dispositif ».

  • « Après, oui, on se base essentiellement sur les motivations. C’est sûr qu’une mission numérique, celui qui a fait une licence autour du numérique, c’est tout de suite un peu plus intéressant ». (Dylan, tuteur, centre socioculturel)
  • « J’ai choisi de faire un service civique, parce que c’est la première offre qui s’est présentée à moi, tout simplement. […] En fait, je cherchais dans le milieu informatique. J’ai cherché un peu partout. Ils demandaient un bac + 3 ou un bac + 2, ou des stages. Ce qui m’intéressait, ce n’était pas de faire des stages, mais de travailler, de découvrir le monde professionnel. » (Clément, volontaire, centre social)

Le service civique, un levier pour l’appropriation et l’expérimentation numériques dans les associations

Il apparaît, ainsi, a la lecture de ces verbatims, que le recrutement de jeunes volontaires ayant une culture numérique permet à des associations de concrétiser un projet numérique ou le déploiement de nouvelles activités auprès de ses usagers.

  • « Il ne faut pas se voiler la face, le fait d’accueillir des jeunes volontaires, c’est aussi permettre à l’association d’avoir des leviers […] Là, on a notamment des jeunes adultes qui sont un peu à l’aise dans tout ce qui est le numérique. Assez rapidement, ils sont devenus animateurs sur des actions tablettes avec les seniors et ce genre de choses. » (Pierre, directeur d’un centre socioculturel.)
  • « sur l’environnement informatique (la principale mission du volontaire consiste en l’animation d’ateliers numériques pour aider les publics seniors à utiliser des tablettes tactiles), nous n’avions pas forcément de besoins précis au départ, et l’idée était d’avancer en s’adaptant aux besoins ». (Paul, directeur d’un centre social)
  • « Ben, j’aide les stagiaires en formation professionnelle quand ils ne comprennent pas quelque chose… je leur fais des photocopies pour qu’ils puissent faire des exercices et quand il n’y a pas de corrigé, je les corrige moi-même. […] J’interviens… enfin, quand ils [les formateurs] a un groupe et qu’ils ont besoin de quelqu’un… par exemple il y a une personne en informatique qui ne sait pas s’en servir, elle va m’appeler pour que je vienne voir la personne et que je l’aide. […] Ça se passe bien. Elles me demandent des choses, je les fais, j’y vais… » (Pauline, volontaire, organisme de formation)

Dans un certain nombre de cas, les dirigeants de certaines structures d’accueil utilisent le dispositif du service civique comme un levier pour innover et tester de nouvelles activités .

  • « Et puis, il y avait également l’idée d’un musée virtuel sur laquelle nous n’avons pas encore vraiment travaillé, ainsi que l’idée d’initier un peu ces seniors à l’utilisation des tablettes, avec des tablettes adaptées. Cela relève de l’informatique, et nous avons pensé qu’un jeune doté d’une compétence technique serait tout à fait approprié. Clément a les compétences techniques et il est intéressé par le public des seniors. Nous avons donc mis en place les premiers ateliers sur les tablettes numériques. […] Je considère que c’est un terrain d’expérimentation pour nous, certes, mais aussi et surtout pour eux, autant que faire se peut, donc qu’il soit valorisant pour eux, il faut qu’ils s’amusent, il faut qu’ils fassent des trucs. » (Paul, directeur d’un centre social)
  • « Là, on va créer un espace numérique avec un fab lab. Ceux qui vont être sur ces missions-là sont motivés et très intéressés. Ça donne aussi une plus-value. » (Pierre, directeur d’un centre socioculturel)
  • « Aujourd’hui, on est en train de réfléchir à la création d’un parcours de formation en apprentissage pour aider des TPE (très petites entreprises), des artisans-commerçants, qui sont en difficulté à améliorer leur communication digitale. On veut s’appuyer sur l’appétence des jeunes pour le numérique et le digital pour alimenter des pages Facebook ou des sites web de TPE qui ont besoin de communiquer pour avoir plus de clients. Du coup, on va sûrement démarrer avec des services civiques pour cette session. » (Pierre, coordonnateur d’une association de développement économique)

Des missions numériques souvent récurrentes

L’étude restitue la complexité de la question de la substitution à l’emploi et au bénévolat dans le recours par les associations au dispositif du service civique.

Les situations dans lesquelles les missions d’un jeune en service civique se substituent intégralement aux missions habituellement attribuées à des salariés ou des bénévoles restent, selon l’enquête, peu nombreuses.

  • « Nous, les services civiques que nous avons ici, il n’y a pas de salariés sur ces postes-là à la base, c’est pour venir apporter une aide complémentaire. […] Le service civique va faire des recherches sur Internet, des choses comme ça, pour débloquer, pour aider le formateur qui n’a pas le temps de faire les recherches. Le service civique va apporter ça et du coup, je pense que c’est un apport en plus. » (Audrey, directrice d’un centre de formation)

L’enquête met cependant en relief le caractère récurrent du recours à des « services civiques » pour des missions qui s’inscrivent, en fait dans la durée. Des missions de médiation numérique sont ainsi confiées, dans certaines associations, parfois depuis plusieurs années, à des jeunes en service civique, pour faire face à des besoins de ressources humaines permanents.

  • « Donc pour Quentin, là, c’était la continuité d’un ancien service civique. Donc la mission, elle n’a pas énormément évolué, sauf la partie, un peu, lutte contre le décrochage scolaire, parce que c’était aussi une demande d’un collège. Donc là, ça se fait en binôme avec moi, mais sinon, oui, la mission est restée la même. Contrairement à l’ancien service civique, qui lui était vraiment resté dans le numérique, là, Quentin, il se diversifie. » (Kévin, tuteur, centre socioculturel)

Ces missions de service civique présentent alors un caractère structurant : « leur arrêt mettrait en grande difficulté l’organisation associative et nécessiterait obligatoirement et rapidement un remplacement du jeune engagé volontaire », notent les auteurs de l’étude.

Une large autonomie accordée aux jeunes volontaires

Faisant partie des huit principes fondamentaux du service civique, l’accompagnement se doit d’être au coeur du projet d’accueil des structures et dans la réflexion et la maturation du projet d’avenir des volontaires : ce qu’ils feront quand leur engagement au sein de l’association prendra fin. Les dirigeants désignent, à cette fin, un tuteur chargé d’accompagner des jeunes volontaires dans l’exercice de leurs missions.

  • « Sur les ateliers tablette, je suis souvent seul. Il est rare que l’on ait des animations où je suis seul, ce que je peux faire seul ce sont des missions que je peux faire ici, rechercher des prestataires, par exemple, il n’est pas forcément derrière moi […] Même s’il me laisse pas mal d’autonomie, je me sens vraiment tout le temps bien encadré parce que je sais qu’il est derrière moi. Si j’ai un souci, je peux l’appeler, même si ce n’est pas dans le cadre de la mission, il sera toujours là pour me rendre service, pour me donner des conseils. […] L’autonomie c’était ce que je recherchais ». (Théo, volontaire, centre socioculturel)
  • « Alors, nous, quand on a fixé la mission, il y avait bien sûr un objectif général, c’est-à-dire que lui, il est sur une mission, par exemple, de médiation numérique, et ça a bien évolué, parce qu’en fonction de ses compétences, on a fait évoluer les choses, mais aussi en fonction de ses envies. Là, il voudrait un petit peu devenir animateur socioculturel. Donc je l’ai mis sur un peu des actions de prévention auprès des jeunes, pour qu’il découvre un petit peu tout ça. Après, s’il me dit “je ne me sens plus de faire du numérique”, ça va être compliqué… ». (Dylan, tuteur, centre socioculturel)

Le suivi des jeunes volontaires rencontre des limites quand le tuteur reconnaît lui-même qu’il est, en matière numérique, un peu « dépassé ».

  • « C’est lui qui mène son programme d’initiation. Il a construit ça sur le papier, en fonction du matériel qu’on avait et des personnes. Donc, par rapport aux personnes, j’ai fait le médiateur sur les premières séances, maintenant j’y vais, je reste dans mon coin et j’écoute. Voilà… moi, je suis largué sur… j’utilise des tablettes et des ordinateurs, mais après… […] C’est sur la pédagogie qu’il est autonome. Il sait comment on progresse en fonction de l’outil qu’il a […] Donc là-dessus, c’est lui qui mène sa barque. Bon, j’ai un œil toujours. » (Robert, tuteur, centre social)
  • « Alors, son projet d’avenir il est ambigu car il se destine au volontariat pompier, donc ça peut prendre du temps. Donc, après, je lui ai dit qu’il y avait un créneau à prendre sur ce thème [le numérique pour les seniors] dans la région. Donc, je lui ai dit : “Surveille tout ce qui se passe sur cette action d’initiation au numérique.” Voilà, mais moi ça me dépasse, donc je ne peux pas suivre ça de très près. » (Robert, tuteur, centre social)

Des missions numériques qui peuvent avoir du sens

  • « Le fait d’apporter quelque chose aux gens, de voir que ce que l’on fait a un but et que ça va leur servir […]. Au tout début il y avait une personne qui ne savait pas du tout s’en servir [tablettes tactiles], elle est revenue récemment et elle était contente parce que maintenant elle sait faire des choses dessus, elle sait payer ses impôts en ligne, par exemple. Ce sont des choses de la vie courante, avant d’arriver elle ne savait pas le faire, on lui a montré et maintenant elle se débrouille. C’est valorisant, c’est là que l’on se dit qu’il faut continuer à le faire. » (Théo, volontaire, centre socioculturel).

Elles peuvent aussi déboucher sur un recrutement.

  • « Olivier a trouvé sa voie dans le numérique alors qu’il n’aurait jamais pensé en faire son métier. Il n’est qu’en CDD [contrat à durée déterminée] pour le moment. C’est gratifiant pour lui parce que dès qu’on a une panne d’ordi, on l’appelle ! Maintenant, il est indispensable. Il a su se rendre indispensable et c’est super. » (Sophie, tutrice, association d’éducation populaire.)
Voir aussi

Plus de 3 000 postes de médiateurs et d’accompagnateurs numériques proposés à des volontaires du Service Civique 

Haut conseil du travail social : Pourquoi et comment les travailleurs sociaux se saisissent des outils numériques ? 

Le travail social à l’épreuve du numérique 

Secteur associatif : nouvelles initiatives et ressources pour mieux tirer parti du numérique 

Soutien aux associations dans les quartiers prioritaires : des acteurs de la médiation numérique parmi les lauréats de #TremplinAsso 

L’association Zellidja primée par le Mouvement Associatif dans la catégorie « pratiques numériques » 

 Le numérique bouscule et transforme le secteur associatif 

ICT4NGO : une plateforme d’évaluation des compétences numériques pour le secteur associatif 

Un label et un plan national de formation au numérique pour le monde associatif 

L’article Service civique : les jeunes volontaires contribuent à l’appropriation du numérique par les associations est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu

Face à la dématérialisation accélérée, de plus en plus de services de proximité sont sollicités pour une aide à la réalisation de formalités en ligne. Si l’attente des usagers est forte, les agents se retrouvent dans une situation inconfortable avec un potentiel risque juridique lié à la manipulation de données personnelles. C’est pour sécuriser ces pratiques qu’a été imaginé le dispositif « AidantsConnect »: il permettra à un professionnel habilité préalablement de réaliser des démarches administratives en ligne à la place d’une personne ne parvenant pas à les faire seule via une connexion sécurisée. Ce dispositif permettra un suivi des actions réalisées sur le compte de la personne et une protection tant du professionnel déclarant que de la personne accompagnée en cas d’erreur.

Ce Kit d’intervention rapide pour les aidants numériques était l’une des recommandations issues de la consultation organisée par l‘Agence du Numérique autour de la Stratégie Nationale pour un Numérique Inclusif.

Les participants avaient alors souligné l’importance de la sécurisation juridique de l’ensemble des aidants numériques (médiateurs numériques, intervenants sociaux, agents d’accueil en collectivité territoriale, etc.) tant pour orienter et accompagner les usagers en difficulté que pour les aider à effectuer leurs démarches administratives.

Une startup d’état

  • Aidants Connect devrait reposer sur des structures labellisées permettant à leurs agents de bénéficier de codes d’accès à la plateforme France Connect aidants
  • Ces agents devront signer une charte déontologique les engageant à respecter et protéger les données personnelles des usagers.
  • Ces derniers devront de leur côté valider un mandat inspiré du modèle de la Cnil précisant les formalités concernées et la durée du mandat.
  • Les sites avec lesquels Aidants Connect fonctionnera seront ceux d’ores et déjà raccordés à France Connect, soit 500 sites de ministères, organismes publics ou de collectivités locales.

Une startup d’État a été créée en mars dernier pour mener ce projet : il repose sur une équipe de quatre personnes rattachées à la mission Société numérique.

Sept ateliers territoriaux pour préciser les cas d’usage

L’équipe AidantsConnect a organisé sept ateliers territoriaux associant MSAP, mairies, CCAS et lieux de médiation numérique pour mieux comprendre les besoins tant des aidants que des personnes.

  • Openlab 1 : mieux connaître les aidants
  • Openlab 2, 3 et 4 : la sécurisation des aidants, à quelle échelle de priorité ?
  • Openlab 5 : la boîte à outils idéale des aidants
  • Openlab 6 : mieux saisir les processus d’habilitation
  • Openlab 7 : mieux comprendre les personnes qui ont besoin d’accompagnement

Une compréhension fine des besoins des aidants

Les ateliers territoriaux ont permis de mieux cerner les besoins des aidants, et ce, à tous les stades :

  • Avant de s’inscrire : comprendre à quoi sert Aidants Connect, avoir un aperçu des fonctionnalités, comprendre comment habiliter ma structure, Comment s’y prendre
  • Pendant l’inscription
  • Pendant ma première visite
  • Pendant la création d’un mandat: savoir expliquer ce qu’est France Connect, savoir de quelles pièces va avoir besoin la personne pour que sa demande aboutisse, savoir lui expliquer quelles sont ses responsabilités et celles de l’aidant
  • Pendant l’accompagnement : savoir comment encourager l’usager à l’autonomisation, savoir comment s’assurer à chaque étape du consentement de la personne et de la validité des informations que je rentre ?
  • Après l’accompagnement: garder une trace de ce que qui a été fait, savoir combien de temps ces informations peuvent être gardées, quand est-ce qu’elles expirent et pourquoi ? savoir comment l’aidant peut contacter la personne accompagnée
  • Sur l’espace : voir avec qui l’aidant a un mandat en cours, pouvoir faire le suivi d’une personne (accéder à sa fiche), savoir combien de personnes il a accompagnées sur une période donnée et sur quelle typologie de démarche

Ces ateliers ont permis, en outre, de mieux comprendre les besoins des usagers (les démarches les plus demandées, ce qui empêche les personnes de faire leurs démarches en ligne.) et de repérer un certain nombre de problèmes : l’adresse mail, en premier lieu. Celle-ci reste un préalable indispensable pour effectuer une démarche administrative (inscription, accusé de réception…). Or, les personnes les plus éloignées du numérique n’en ont pas ou, quand elles en ont une ne la consultent pas.

S’agissant en revanche des pièces justificatives demandées aux usagers, AidantsConnects pourra s’appuyer sur le coffre-fort de service-public.fr qui est lui-même déjà raccordé à France Connect » précise la chargée de mission.

Le système technique conçu par la start-up d’État sera testé en septembre dans un contexte opérationnel. Si le test est concluant, les expérimentations seront étendues en 2020 à d’autres territoires. Les collectivités pilotes seront sélectionnées parmi les signataires de la charte pour un numérique inclusif.

Voir aussi

Aidants Connect: une version beta et une expérimentation en 2019 

Les startups d’état, une nouvelle manière de construire des services public

Plus de 4200 procédures et formulaires dématérialisés grâce à la plateforme Démarches-simplifiées.fr

22 acteurs publics expérimentent le service A+ pour résoudre blocages administratifs et situations 

Comment les bibliothèques sont devenues des points d’accueil administratif

Près d’un Français sur trois prêt à suivre une formation gratuite pour accéder à l’autonomie numérique 

Face aux difficultés à utiliser les outils numériques, 36 % des Français se tournent vers leurs proches   

CCAS Marseille : de l’analyse des besoins sociaux à l’inclusion numérique 

Écrivain public numérique : un service, une fonction et une profession qui se cherchent  (dossier)

Démarches administratives et protection sociale : un parcours semé d’embûches, au guichet comme en ligne, selon le Secours Catholique

La dématérialisation des démarches administratives risque de creuser les inégalités selon le Défenseur des droits 

27% des personnes de 60 ans et plus en situation d’exclusion numérique

L’article AidantsConnect : un prototype et une expérimentation en septembre 2019 est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu

Créé et expérimenté en Gironde depuis 2015, le Pass numérique, à l’instar du chèque déjeûner ou du chèque culture, se matérialise par un chèque avec une valeur faciale en euros, qui donne à leurs détenteurs le droit d’accéder – dans des lieux préalablement identifiés et labellisés – à des services d’accompagnement numérique, avec une prise en charge totale ou partielle.

En pratique, les personnes reçoivent un Pass numérique auprès d’une structure locale (guichet de service public, collectivités, associations, travailleurs sociaux, etc.) et peuvent ensuite s’inscrire à un atelier d’accompagnement au numérique.

Après avoir initié il y a un mois la structuration des acteurs locaux de l’inclusion/acculturation numérique sur la moitié des départements français grâce au soutien financier de « Hubs territoriaux » par la Banque des Territoires, le Gouvernement vient de lancer la première phase opérationnelle des Pass Numériques.

Un million de pass numériques seront rapidement mis en circulation sur les territoires permettant d’accompagner jusqu’à 200 000 personnes (seniors, jeunes en difficulté, bénéficiaires des minima sociaux…)

10 millions d’euros mobilisés pour l’achat de Pass Numériques

En mars 2019, l’État a lancé un appel à projets visant à soutenir l’achat par des collectivités territoriales de Pass numériques.

48 collectivités territoriales ont été retenues pour un soutien financier total de l’État de plus de 6 millions d’euros.

48 collectivités et groupements de collectivités sont aujourd’hui lauréats de cet appel à projets ; dont 2 conseils régionaux, 15 conseils départementaux, 3 départements et régions d’Outre-mer, 22 EPCI dont 4 EPCI en Outre-mer et 6 Syndicats mixtes.

10,50 M€ au total sont ainsi mobilisés pour l’achat de Pass Numériques.

Un référentiel national des services de médiation numérique

Avec le référentiel #APTIC, l’écosystème des services de médiation numérique dispose désormais d’une méthodologie et d’un contenu pour préciser les services ces acteurs rendent.

 Cette nomenclature des services de médiation numérique permet

  • aux bénéficiaires de se repérer
  • aux commanditaires de disposer d’une terminologie partagée au-delà de l’hétérogénéité des acteurs qui portent ces services.

Elle permet, en outre, la production de données communes sur les services rendus

Pour être « Qualifié #APTIC », les acteurs de la médiation numérique pourront (et devront) devront désormais renseigner leur offre de service dans la plateforme #APTIC.

Ce référentiel est constitué de 129 services élémentaires : « unités de référence pour l’accompagnement des bénéficiaires, ils sont articulables pour construire un parcours d’accompagnement adapté à chaque bénéficiaire. Chaque service peut être conduit de manière spécifique au regard des spécificités de chaque acteur: accompagnement individualisé ou en format collectif ».

Le référentiel est organisé en trois niveaux : découvrir, maîtriser et augmenter son pouvoir d’agir

 Niveau 1 : Découvrir les enjeux du numérique

  • 1.1 S’informer (« Composantes et facettes de l’identité numérique », « Conduites à risques et les bons usages du numérique, « Être parent à l’ère numérique », « Panorama des usages numériques des adolescents », « Découvrir les réseaux sociaux » etc …
  • 1.2 Comprendre (« Principes et fonctionnement du cloud », « Google Drive et solutions alternatives », « Les outils de protection de l’enfance », « les paiements en ligne », « Les biens communs : principes et enjeux », « Le logiciel libre : principes et enjeux » etc…

 Niveau 2 : Maîtriser le numérique

  • 2.1 Utiliser : « Créer et paramétrer un compte Google », « Gérer ses favoris de navigation », « Poste informatique Windows », « Poste informatique Mac OS », « Poste informatique Linux » ; « paramétrer un réseau wifi », « envoyer, recevoir, gérer ses emails » etc…
  • 2.2 Faire ses démarches en ligne (« Pôle Emploi : faire ses déclarations en ligne », « Déclarer ses revenus en ligne », « Accéder à ses droits sociaux et les gérer en ligne », « Ouvrir et gérer son dossier de retraite en ligne » etc ….

Niveau 3 : Augmenter son pouvoir d’agir grâce au numérique

  • 3.1 Identité numérique : « Connaître et gérer son identité numérique », « Nettoyer son identité numérique », « Effacer ses traces sur le web, protéger ses données personnelles » etc …
  •  3.2 Contribuer : « Utiliser et contribuer à Wikipedia », « Découvrir et contribuer à OpenStreetMap », « Utiliser des outils de cartographie », « Organiser et partager sa veille » etc…
  • 3.3 Contrôler ses données : « Les solutions libres pour les outils bureautiques », « Les outils libres pour la navigation Internet », « Les outils libres pour gérer ses emails », « Les alternatives à Google Drive » etc
  • 3.4 Explorer de nouvelles possibilités :«Images : retoucher ses photos », « Découverte et utilisation imprimante 3D », « Vidéo : découvrir le montage vidéo », « PAO : faire des présentations, des diaporamas » etc
  • 3.5 S’insérer professionnellement : (« Réalisation CV », « Diffuser son CV en ligne », « Utilisation d’un emplacement de co-working » etc …)

#APTIC, une coopérative d’intérêt collectif pour déployer le Pass Numérique

 Les promoteurs du Pass Numérique voulaient faire de l’inclusion numérique un outil stratégique mais aussi un bien commun. A cette fin, la forme juridique retenue pour #APTIC, la structure qui porte, gère et « propulse » le Pass Numérique est celle d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).

Cette forme juridique, la SCIC, avait déjà été retenue pour Mednum, la coopérative des acteurs de la médiation numérique. La SCIC #APTIC a été officiellement créée au mois de novembre. Sa gouvernance (au travers de sept collèges) associe l’État, des collectivités locales, des opérateurs publics, des entreprises, des associations et les salariés. Un arrêté du 19 avril 2019 a autorisé l’État à souscrire à l’augmentation de capital réalisée par #APTIC.

L’article Un million de Pass numériques pour accompagner 200 000 personnes en 2019 vers l’autonomie numérique est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche prévoit l’ouverture de 100  lieux labellisés Campus Connecté. À la rentrée 2019, treize lieux labellisés Campus Connecté ouvrent dans des villes éloignées des grands centres universitaires.

  • Des lieux d’apprentissage conviviaux et connectés
  • Des formations proposées par l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur
  • Des études suivies à distance au rythme de chacun
  • Des tuteurs dédiés au suivi de chaque étudiant (un tuteur pour dix étudiants)
  • Des étudiants encadrés qui bénéficient d’un accompagnement méthodologique
  • Des universités de proximité partenaires qui favorisent le suivi et l’encadrement des étudiants
  • Des lieux co-construits avec les collectivités territoriales

 

Les lieux labellisés Campus Connecté sont des espaces de travail qui mettent à la disposition des étudiants des salles de cours connectées et équipées, où ils peuvent, à partir de leur ordinateur personnel ou de ceux mis à leur disposition sur place, suivre la formation à distance à laquelle ils se sont inscrits auprès d’une université ou d’une école. Ils sont encadrés et accompagnés par un tuteur (1 pour 10 étudiants).

L’établissement où ils sont inscrits peut se trouver n’importe où sur le territoire, même très éloigné du lieu d’habitation et de l’espace labellisé Campus Connecté. Par exemple, un étudiant habite près de Cahors, il s’inscrit pour une formation à distance dans une université à Lille et il suit sa formation dans le campus connecté de Cahors.

Des formations au plus près des jeunes et des territoires 

100 % des bacheliers souhaitant s’inscrire en première année de licence doivent quitter le département du fait de l’absence de formation universitaire…

En Haute-Marne, par exemple,  la faiblesse de l’offre d’enseignement supérieur conduit de nombreux bacheliers à renoncer à des études supérieures alors que les résultats au baccalauréat sont meilleurs que dans le reste de l’académie.

Les campus connectés apportent la formation au plus proche des territoires, l’idée étant permettent aux jeunes de réussir des études supérieures qu’ils n’auraient pas nécessairement entreprises.

Mis à disposition par les collectivités territoriales, les lieux labellisés Campus Connecté associent la souplesse de l’enseignement à distance et un tutorat individuel et collectif afin de mieux accompagner les étudiants les plus éloignés des pôles universitaires dans l’enseignement supérieur.

Le programme campus connecté propose 60 formations à distance (BTS, DUT, licence, master…) et des certifications. Tous les principaux champs disciplinaires sont accessibles (droit, STAPS, sciences humaines et sociales, etc.).

Des lieux co-construits avec les collectivités territoriales

En contrepartie de la mise à disposition par les collectivités d’un lieu ouvert et inclusif, l’État offre une subvention d’amorçage de 50 000 euros et une dotation de 1 000 euros par étudiants pendant trois ans.

L’article 13 Campus Connectés à la rentrée 2019 pour rapprocher l’enseignement supérieur et les territoires est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu

Alors que les données personnelles sont aujourd’hui captées et monétisées sans réel consentement par les plates-formes, la maîtrise et la capacité d’agir des usagers sont au cœur du « self data » (ou « my data »), avec l’ambition de replacer l’usager au cœur du dispositif. Fournir des moyens de contrôle réels sur les données personnelles : cette approche fait l’objet d’expérimentation depuis plusieurs années : en France (MesInfos), mais aussi aux États-Unis (My Data Initiatives), au Royaume-Uni (midata) ou encore en Finlande (MyData Finland).

Le 2 juillet 2019, la Fing et ses partenaires organisaient à La Caisse des Dépôts et Consignations, l’événement Self Data Territorial afin d’explorer les liens privilégiés qui se nouent entre Self Data et  collectivités territoriales.  Cette journée a permis de réaliser un tour d’horizon des initiatives urbaines sur la thématique des données personnelles partagées

Métropole de Lyon

La Métropole de Lyon s’est engagée dès 2016 aux côtés de la Fing pour lancer le pilote MesInfos.

  • En novembre 2016, le Hackathon MesInfos qui s’est tenu à Lyon a permis à des développeurs, designeurs ou porteurs de projet de réfléchir à la manière de restituer les données aux citoyens afin de leur permettre d’en faire bon usage.
  • En septembre 2017, la première matinale du self data a permis aux 120 personnes réunies à Lyon de découvrir cette thématique, les opportunités offertes par le partage du pouvoir des données personnelles, et de faire un point d’étape sur le pilote MesInfos.
  • Le projet change d’échelle en 2018 avec deux mille particuliers volontaires, la MAIF, Orange, EDF, GrDf et Enedis. Ces organisations s’étaient engagées à restituer aux deux mille testeurs toutes les informations collectées à leur sujet : relevé détaillé de communications (Orange) à la consommation d’énergie enregistrée par les compteurs Linky (Enedis) ou Gazpar (Grdf). La Métropole de Lyon rétrocède de son côté les données de consommation d’eau. Seul l’usager dispose d’un accès à l’ensemble de ces données, qu’il peut consulter et classer, et dont il peut autoriser l’usage à des entreprises, en échange de services. L’ensemble est réuni dans un espace protégé accessible aux seuls usagers.
  • La thématique de l’action sociale a été choisie pour les prochaines étapes : cette thématique pourra, par la suite, se recouper d’autres comme la mobilité ou l’énergie. Trois cas d’usage ont été développés, avec l’aide de travailleurs sociaux.
  • L’expérimentation finalement choisie portera sur le scénario « Ma Situation Sociale » (avec une possibilité d’étendre, à terme, aux deux autres scénarios : « Mes Aides Directes » et « Sortia ») pour permettre aux individus de suivre, avec les travailleurs sociaux, l’évolution de leur parcours et de leurs dossiers.

Nantes Métropole

Nantes Métropole avait mis en place (parmi divers dispositifs d’implication des citoyens) les « défis familles à énergie positive », menés depuis 2011 auprès de 100 foyers par an, et qui amènent les familles à économiser jusqu’à 200 € par an sur leur facture énergétique.

  • En vue de massifier cette démarche, qui ne touchait qu’un public déjà sensibilisé, la Ville de Nantes souhaite s’appuyer sur un outil numérique. Nantes est accompagnée dans cette démarche par La Fing, l’Ademe et par des énergéticiens comme Enedis, EDF, GrDF et Engie.
  • Au travers de plusieurs ateliers, 4 cas d’usages ont été pensés (TechnoZeus, MySmartHome, La Toque Verte et WeMix) à partir de 3 défis : « connaître sa consommation énergétique, aider à l’autoconsommation et la rénovation, connaître son empreinte carbone alimentaire ».
  • La Ville prévoit de lancer en 2020 une expérimentation avec une centaine de testeurs accompagnés et un deuxième panel de 1000 participants (moins accompagnés)

La Rochelle 

La ville de La Rochelle a mené des 2017 plusieurs actions autour des données personnelles.

Pour son expérimentation MesInfos, la ville a retenu le thème de la mobilité, un domaine où La Rochelle a déjà beaucoup innové. Parmi les quatre scénarios d’usages envisagés (Coach Co², Mobilités Partagées, Par 4 chemins, Mon Budget Mobilité), ce sont finalement les scénarios Coach CO² et Mobilités partagées qui feront l’objet d’une expérimentation sur une base de 50 testeurs, agents de l’agglomération ou postiers. La construction des outils s’appuiera sur des solutions existantes afin de proposer des solutions opérationnelles et fiables pour les testeurs.

D’autres villes en Europe

  • La ville de Gand s’appuie sur le nouveau projet de Tim Berners Lee, Solid, qui vise à redonner le pouvoir aux utilisateurs sur leurs données. Avec l’appui de la startup Inrupt, fondée par Tim Berners Lee, les utilisateurs pourront créer leurs propres PODS (personal online data stores), espaces de stockage de données personnelles en ligne,leur permettant de garder la maîtrise de leurs données.
  • Le projet européen DECODE a notamment lancé des pilotes à Barcelone et Amsterdam. La première ville a axé son action sur la Digital Democracy (Plateforme Decidim) et la Citizen Science Data Governance (systèmes de capteurs citoyens).
  • La ville de Londres travaille, en collaboration avec l’Open Data Institute et dans le cadre du projet Sharing Cities, au développement de Data Trust.
  • La ville de Trento, en Italie, expérimente l’outil My Data Store, conçu par le Mobile Territorial Lab (Telecom Italia) au travers d’une variété d’expérimentations.

L’article Lyon, Nantes et La Rochelle jettent les bases du Self Data territorial est apparu en premier sur Laboratoire d'Analyse et de Décryptage du Numérique.


Accéder à l'intégralité du contenu